Ingrédients et secrets du fritto misto piémontais
Découvrez les ingrédients et les secrets du fritto misto piémontais.
Je continue ce voyage à travers les saveurs du Chemin d'Oropa. Je pars encore une fois de Carisio, dans la plaine. C'est un des points de départ les plus classiques. Ici, le paysage est celui des rizières. Elles montrent bien la nature de ces zones plus basses. Mais il suffit de lever les yeux pour voir les montagnes. Elles sont toujours présentes en arrière-plan, comme une direction naturelle. De là, le chemin change de rythme graduellement. Il t'accompagne pas à pas vers un environnement différent.
C'est un réseau de parcours -- de la Serra au Canavese jusqu'au Valdostano. En partant de Carisio et de ces zones de plaine, étape par étape, tu te diriges vers les montagnes. Le rythme et le paysage changent. Au début, tout est plus ouvert : devant toi, des champs et des horizons larges. Au loin, on voit déjà les montagnes, presque comme un repère constant. Puis, les bois apparaissent. Les montées deviennent plus présentes et la façon de vivre les journées change aussi.
Après le riz en cagnone, les torcetti au beurre, le ratafià, les canestrelli, la bagna cauda, la toma, le maccagno, les raviolis del plin, cette fois je m'arrête sur quelque chose de plus typique et moins connu ailleurs en Italie : le fritto misto piémontais. Ce plat vient de la tradition paysanne, où rien n'était gaspillé. On utilisait toutes les parties disponibles, salées ou sucrées. C'est pourquoi le fritto misto est unique : dans le même plat, tu trouves de la viande (comme le foie, les cervelles, les ris), des légumes, du semoule sucré et même des amaretti ou des pommes, tout pané et frit. Un mélange qui peut sembler étrange aujourd'hui, mais qui illustre bien une cuisine de récupération. Avec le temps, c'est devenu une vraie spécialité du Piémont.
Je l'ai mangé chez Enrico, à Zimone, dans le Biellese : nous avons partagé une portion à deux, pour 15 euros. C'était délicieux, un de ces plats qui te font dire que tu as goûté quelque chose de vraiment typique. Ce qui frappe, c'est le contraste sucré-salé, surprenant au début, mais qui fonctionne bien. Et ça se marie très bien avec les vins du Piémont, qui nettoient la partie frite et harmonisent tous ces goûts différents.