Capunet de légumes biellois un plat à découvrir

Les Capunet de légumes biellois sont un plat traditionnel riche en saveurs.

Capunet de légumes biellois un plat à découvrir

Dans le Biellese, il y a des plats qui ne cherchent pas à impressionner — et pourtant ils le font. Les Capunet de légumes en font partie : un chou frisé qui enveloppe une farce simple, cuite doucement au four, jusqu’à devenir un petit “écrin” moelleux. Le genre de recette qu’on sort quand les feuilles commencent à jaunir, que les courges envahissent les marchés, et que l’odeur du beurre dans une poêle suffit à faire venir tout le monde à la cuisine.

Les Capunet de légumes biellois, une idée paysanne devenue “belle”

Le mot capunet vient du dialecte piémontais et évoque l’idée de petits rouleaux. À l’origine, c’était surtout une logique de bon sens : envelopper des restes (légumes, parfois viande) dans une feuille de chou, puis cuire lentement pour obtenir un plat complet, chaud, et économique. Le résultat a gardé cette âme “de récupération”, mais il est devenu bien plus que ça : un plat végétarien élégant, parfait en entrée d’automne, et redoutablement efficace en accompagnement.

Ce que j’aime, c’est le contraste : dehors, une feuille verte un peu rustique ; dedans, une farce douce (pomme de terre, courge), relevée par le poireau et une touche de noix. Et au four, tout se lie sans se transformer en purée. Dans la même famille d’assiettes piémontaises qui rassurent, on retrouve aussi des recettes plus “confort” comme le riz en cagnone (si vous aimez ce registre, voilà une lecture qui va vous parler : Le riz en cagnone et son histoire fascinante).

Choisir les bons ingrédients en automne

La version bielloise “classique” reste très simple : chou frisé, pommes de terre, courge, poireaux, un peu de beurre, huile d’olive, noix, persil, sel, poivre. Et c’est précisément cette simplicité qui demande deux choses : de bons produits, et une cuisson propre.

Quelques repères utiles, très concrets :

  • Chou frisé : choisissez une pomme bien ferme, feuilles larges, pas trop nervurées. Les feuilles trop fines se déchirent au pliage ; les feuilles trop épaisses deviennent coriaces.
  • Pommes de terre : une variété à chair ferme tient mieux (vous voulez des rondelles qui restent en place, pas une purée).
  • Courge : la courge jaune (type butternut ou similaire) marche très bien, car elle devient fondante sans se déliter si on la cuit juste assez.
  • Poireau : privilégiez le blanc et le vert clair, plus doux.

Et si la saison change ? Les Capunet supportent très bien les variantes, tant que vous gardez le duo “légume qui tient” + “légume fondant” :

  • Carotte (tenue) + épinards (fondant)
  • Champignons sautés (tenue) + courge (fondant)
  • Châtaignes (tenue) + poireau (fondant)

Dans le Biellese, on retrouve ce même esprit “modeste mais intelligent” dans d’autres spécialités : par exemple la panissa — autre plat de territoire, nourrissant et franc (à creuser ici : Les meilleurs restaurants pour déguster la panisse à Biella).

Préparer le chou frisé sans le déchirer

C’est l’étape qui fait la différence entre “joli petit moule démoulé” et “capunet qui s’ouvre en deux”. Le secret n’est pas un tour de magie : c’est blanchir correctement et sécher sérieusement.

  1. Faites bouillir une grande marmite d’eau salée.
  2. Plongez les feuilles de chou frisé 15 minutes (oui, c’est long — mais c’est ce qui assouplit la feuille et calme l’amertume).
  3. Égouttez puis plongez immédiatement dans un grand saladier d’eau froide : vous stoppez la cuisson et gardez ce vert profond.
  4. Étalez sur un torchon propre et séchez en tamponnant. Vraiment : la feuille doit être souple, mais pas ruisselante.

Petit détail qui change tout : coupez ou amincissez la nervure centrale si elle est trop épaisse (sans trouer la feuille). Vous gagnerez au pliage, et à la dégustation.

Farce dorée, pas en purée : la cuisson qui donne du caractère

Pour la farce, le piège classique, c’est de tout cuire “trop”. Les légumes doivent être cuits, mais encore structurés : on veut sentir une rondelle, une tranche, un petit croquant de noix.

Base (très fidèle à l’esprit biellois) :

  • Pommes de terre en rondelles, cuites jusqu’à être tendres (mais pas éclatées).
  • Courge en fines tranches, cuite séparément jusqu’à devenir souple.
  • Poireaux émincés, revenus à la poêle avec 70 g de beurre, 3 c. à s. d’huile d’olive et 2 noix hachées.

Ensuite, on réunit :

  • Poireaux dorés + pommes de terre + courge, feu moyen, 3 à 5 minutes pour “marier” les parfums.
  • Sel, poivre, persil frais en fin de cuisson (le persil brûlé, c’est amer).

L’odeur à ce moment-là est le meilleur indicateur : si ça sent le beurre noisette et le poireau sucré, vous êtes bien. Si ça sent “trop grillé”, baissez le feu : la cuisson finale au four fera le reste.

Montage et cuisson au bain-marie : le geste simple qui rend tout moelleux

Le montage se fait souvent dans des moules type crème caramel (ou ramequins). L’objectif : un petit dôme qui se démoule net.

  • Tapissez chaque moule avec 1 grande feuille de chou frisé, en laissant dépasser les bords.
  • Remplissez avec les légumes encore chauds, en tassant doucement jusqu’au bord.
  • Rabattez les bords pour fermer : pas besoin de ficelle, le chou se “colle” légèrement grâce à l’humidité restante.
  • Placez les moules dans un plat à bords hauts et versez de l’eau chaude à mi-hauteur : bain-marie.

Cuisson : four à 200°C, environ 30 minutes.
Le bain-marie doit être chaud, mais pas bouillant : s’il bout fort, ça secoue, ça détrempe, et la feuille se déchire plus facilement.

À la sortie du four : laissez reposer 5 minutes. Démoulez ensuite en passant une lame fine si nécessaire. Servis chauds ou tièdes, les Capunet gagnent souvent à être mangés “juste tièdes” : les arômes sont plus ronds, et la farce se tient mieux.

Pour une assiette “piémontaise jusqu’au bout”, j’aime l’idée de les servir en entrée avant un plat plus emblématique, comme des pâtes farcies : Les secrets des raviolis del plin piémontais.

Une soirée d’automne à Biella : pourquoi ce plat réchauffe autant

Je me souviens d’une soirée humide d’octobre à Biella, ce moment où l’air devient soudain plus froid dès 18 h. On avait marché longtemps, et la ville avait cette odeur de pluie sur les pavés et de fumée lointaine. En rentrant, la cuisine était déjà chaude : une poêle sur le feu, beurre qui fond, poireaux qui commencent à chanter doucement. Le chou frisé, lui, séchait sur un torchon comme des grandes feuilles vert sombre, et rien qu’en les touchant on sentait qu’elles étaient devenues souples, presque satinées.

J’ai fait l’erreur “bête” du débutant : j’ai voulu aller vite, j’ai trop peu séché deux feuilles. Résultat : au démoulage, un capunet a glissé, s’est fendu sur le côté, et l’eau a rendu la farce un peu molle. Mais c’est exactement là que la recette enseigne quelque chose : quand on ralentit (tamponner, laisser reposer 5 minutes, ne pas faire bouillir le bain-marie), tout s’aligne. Les capunet suivants sont sortis nets, avec ce parfum de noix et de persil qui remonte dès qu’on coupe. Depuis, mon conseil est simple : séchez le chou comme si vous deviez le repasser, et votre four fera le reste.

Les erreurs à éviter

🚫 Blanchir trop peu le chou frisé : une feuille insuffisamment cuite se déchire au pliage et reste coriace à la dégustation (gardez les 15 minutes, même si ça semble long).
🚫 Négliger le séchage : trop d’eau = capunet qui “glisse” au démoulage et farce détrempée. Tamponnez vraiment.
🚫 Cuire les légumes jusqu’à la purée : la farce doit rester texturée ; visez “tendre” et stoppez la cuisson dès que la pointe du couteau passe sans résistance.
🚫 Faire bouillir le bain-marie : ça agite, ça humidifie trop, et le chou perd sa tenue. Eau chaude, oui ; ébullition, non.
🚫 Démouler immédiatement : laissez 5 minutes de repos, sinon tout est trop fragile.

La beauté des Capunet, c’est qu’ils sont faciles… à condition de respecter ces deux ou trois gestes. Une fois maîtrisés, c’est une recette qu’on refait sans stress, et qui donne toujours l’impression d’avoir “travaillé” plus que de raison.


Prêt à continuer le voyage gourmand dans le Biellese ?
👉 Biella : histoire, art et nature à ne pas manquer
🗺️ Se promener dans le centre historique de Biella
🍝 Les meilleurs restaurants pour la polenta concia à Biella
🧀 Le Maccagno : un fromage de montagne à découvrir

Dites-moi en commentaire : vous les préférez nature, avec une sauce beurre-sauge, ou avec une petite fondue de fromage ?

×